22 février 1980

Spectacle de septembre

La journée, malgré sa propreté de pains vivants, a pourtant été sinistre. Les brebis ont longtemps pleuré avec des yeux fixes alors qu'elles écoutaient les dangers de la guerre remontés à la surface d'un drapeau. Et, dans le ciel, des muscles de boeufs ont grossi et ont semé sur les habitations des ombres cruelles. Mais, dans la soirée, après la bénédiction du curé, tout est redevenu calme.

Alors, le joyeux cultivateur s'est roulé dans son rustique veston en viande d'hirondelles pendant qu'il chantait des mélodies où des demoiselles pâles sautaient depuis un clocher sur du beurre farouche.

Une promeneuse sourde l'écoutait et, ravie et charmée, elle se coucha sous un peuplier inutile. Elle admirait le cultivateur parce qu'il brisait avec dignité ses bouteilles de raisins, et elle poussait mille soupirs carrés.

Mais quatre muscles de boeufs ivres fendirent leur lisse ciel natal et soupèrent de la sage demoiselle et du fier travailleur.

Le monde est désormais un parc sans amour où, seule une solitude fatiguée ne peut même plus rêver, penchée sur un pont illustre en préparation.
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