25 janvier 1980

Le divin coureur

Il courait rapidement, par une belle matinée, sur les étendues inférieures de la mousse du musée local. Quarante jours plus tard, il passait à l'étage de la misère où les grues électriques ouvraient des plaies méchantes, à coups de canif, dans les tendres épaules du silence. Il ne se sauvait jamais, mais, dans sa gorge s'enfermait les cantiques que lui avait appris son curé.

Il courait maintenant, parfaitement, sur un tapis de pendules sales qui, chaque jour, sonnait les huit heures chaudes du jugement dernier.
Il ne courait plus car, bientôt, soixante quatre jours après, il se retrouva à voltiger au-dessus de dangereux étudiants en injure, qui travaillaient dans un tapage d'époque. Il lui fallut reculer et se cacher parmi des livres qui remettaient des invitations pour découvrir un cortége de minuscules bergers qui montaient les voiles d'une chaumière.

Divin coureur, ton voyage aboutira à cette chaumière où coulent des vagues de lilas. Ta pensée songera que dans les allées qui sont toujours aménagées sur de la gelée de fraises, tes amis, désireux d'être amusés, pêchent des ours sans âge.

En attendant, il courait merveilleusement parce que l'espoir est sans mesure, mais s'évanouit parfois dans les promesses d'une soirée romaine, où rougissent des parfums sonores.
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